Ur
jeudi 17 novembre 2016
***Un
moment sur la crête de quelque forme désertique, fatigue ou lieu -
c’est le vertige en amont de toute topologie qui pousse à la
pensée comme le vent sur son suivant qui s’enroule, à la fin, sur
ce qui depuis toujours débute – c’est un mouvement unique et
totale qui porte l’éternité comme le reste le fardeau de l’0²
– ce qui nous carbonise et carbonisera encore le câblage du
pulmonaire.***
Il devient d’une importance cruciale de déterminer les conditions de disparition de la force, de son effacement – jusqu’au moment opportun, inexplicable par des prédicats logiques, d’une germination nouvelle – il semble que toute tentative de réduire la puissance, c’est à dire l’extension d’un réseau, à la seule activité de fibres contenue dans un cerveau, ait invariablement échouée sur la terre immobile de la nutrition des pharmakon, et de leur culture - ces compositions sont le degré zéro de l’apparition de l’être, des champs de boîtes blanches et des sillons prescriptifs creusés par des machines dans l’obsidienne pure – l’être, c’est à dire de la zone fantomatique entre la transformation des forces et la récollection des archives, gris 0,5 – la terre, c’est la schématisation stable, symbolique et chimique de ce qu’elle peut, et ce qu’elle peut, c’est la traduction en tout sens d’un même principe moteur à peine désigné par ses termes, et qui ne se réduit jamais à une prise (médicamenteuse, lexicale etc.), mais se déprend, se défait, se délie etc. (dénouement bien physique) – se dé-crucifie. Voilà pour le verbal, et pour la coutume d’un drame qui signe l’horizon – mais c’est encore fonction du silence - des installations où un bouton et une carte suffisent à la continuation réglée de ce vieux Temps, ce Temps que l’on installe par le Once-Upon, la soumission pathologique au transport, tout à fait guérie dans l’étrange coma du Soudain.
mardi 15 novembre 2016
*** léger vent qui
amasse les pierres sur les stèles – une enveloppe fantomatique qui
tient lieu d’instant tranquille et solitaire où tout revient comme
au premier jour***
"La relation intime
de l’inquiétude à la naissance de quelque chose est en exergue –
je m’installe sur la corde tendue. Cela restera caché, jusqu’au
véritable déclenchement – l’on donnera la clé qui séquencera
le postulat et le postulé. Le degré de réalité est très bas,
celui de sincérité élevé en canon.
Ce journal a
commencé bien avant ce jour – mais l’inquiétude du gaspillage
ne sera naît qu’aujourd’hui et aura motivé son ouverture –
l’idée que parler de construire Ur est déjà une construction
d’Ur est fausse – l’effacement des traces, total,
l’annihilation d’un temps en arrière étendu, sont impossibles –
on doit inventer un art qui absorbe ses ratures et ses déplacements
dans un tableau final. Il y a à ce jour 13 résidents d’Ur,
partiels, totaux, continus et discontinus – ils ne communiquent
qu’avec l’ombre, jamais ne se rencontrent – l’un a proposé
de faire valoir la voix de la ville par des ondes autres que la voix,
un autre d’installer un mémorial informatique; la plupart promet
et de bonne foi participer aux offices de la ville sur un sol où
s’étalent, indiscernables, les roches volcaniques et les débris
des ruines. Ce sont des travailleurs dans l’âme qui ont leur corps
en devenir.
Ils sont venus à
ce monde sans acte de naissance, avec un nom à peine, des manières
intelligentes et fortes de nouer les histoires d’autres êtres –
si fortes dans leur voix et dans le parcours étendu de leur œil
qu’en les entendant parler on les croirait réels – tous hybrides
de tous les mondes, mélangeurs des temps, ils métabolisent les
projectiles et les suivent aux tracées qu’ils opèrent dans
l’éther: ils promettent de créer le ciel – c’est tout ce que
je peux dire d’eux, après les avoir, au cours de nos machinations
catastrophistes, entraperçus touchant des extrémités des mondes,
invoquant des scarabées-inamovibles pour donner figure actuelle à
ce qui n’en a pas (des masques), résolvant l’ésotérisme
machinique à même le papier (des formules), retenant avec grâce le
souffle d’un siècle passée dans le chiffon pulmonaire (des
rituels), libérant l’origami vestimentaire pour calmer les corps
(des tenues), s’interrogeant sur la réversibilité du temps pour
froisser les esprits (des chants) – et d’autres habitus étranges
et fascinants dont il sera question plus tard. J’ai peur de les
perdre.
Non pas de se
réveiller d’un rêve – mais faire semblant d’avoir rêvé, et
voir qu’il n’a jamais été question que de ne se réveiller qu’à
demi, que de ne dormir qu’à moitié."
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